Le milieu de terrain lillois Rio Mavuba se réjouit d'affronter Marseille dimanche, lors de la 34e journée de L1, et particulièrement Mathieu Valbuena, son ami d'enfance qu'il souhaite voir en équipe de France où il "pourrait être le Ribéry de 2008".
RIO MAVUBA, dans quel état d'esprit abordez-vous le déplacement à Marseille ?
R.M. : C'est bien d'arriver à Marseille dans notre situation. On n'a pas le couteau sous la gorge. On devra être concentrés et rigoureux. L'OM est une grosse équipe. Sur la deuxième partie de saison, l'une des meilleures. Elle vient de prendre la troisième place. Les joueurs ont à coeur d'y rester car c'est l'objectif depuis le début de saison.
Lille ne réussit pas au Vélodrome (24 défaites, 10 nuls et 5 victoires) ?
R.M. : C'est ce que nous a dit le coach. On va essayer de ramener au minimum un point. Moi j'ai déjà gagné deux fois avec Bordeaux parce qu'on a été costauds, réalistes. Si on ne prend pas de but, on aura l'opportunité de faire quelque chose.
L'OM, c'est aussi le plaisir de retrouver votre ami Mathieu Valbuena ?
R.M. : On s'est connu à l'âge de huit, neuf ans. Il était arrivé un an après mois aux Girondins. Tout de suite, ça a collé. On jouait dans la même équipe jusqu'à 15 ans, au milieu de terrain. En dehors du foot on allait taper la balle ensemble. Maintenant c'est la gagne. Sur le terrain il n'y a pas d'ami.
Comment vos chemins se sont-ils séparés ?
R.M. : J'ai eu la chance d'être surclassé. Lui, avec son gabarit, il est resté avec sa classe d'âge jusqu'à 17 ans. Les Girondins ne l'ont pas conservé. Lui est passé par le monde amateur. Cela fait deux ans qu'on aurait pu avoir l'opportunité de s'affronter. J'espère que cela va se faire dimanche. Pourquoi ne jouerait-il pas en numéro dix, comme cela il sera dans ma zone.
Vous voyez-vous souvent ?
R.M. : Quand on en a l'opportunité. En décembre, on est parti en vacances ensemble. Je pense qu'on remettra ça cet été. On s'appelle régulièrement. C'est sûr, d'ici dimanche le téléphone va chauffer. J'attends le duel. J'espère qu'il ne me mettra pas un petit pont (rires)".
Comment avez-vous vécu le fait que vous deveniez pro et alors que lui galérait ?
R.M. : C'était un moment délicat quand il m'a appris qu'il n'était pas gardé à Bordeaux. C'était peut-être un rêve qui ne se réaliserait pas. Que je devienne pro lui a servi d'exemple. Il était content, jamais envieux ou jaloux. Il a un gros mental. Et à force de travail et de courage, il a su persévérer.
Comment jugez-vous sa progression ?
R.M. : Au niveau du jeu, il ne me surprend pas. Pour le grand public, c'est peut-être une découverte. Mais il a toujours été comme ça. Il est difficile à charger. Il va toujours de l'avant. Il tente beaucoup. En plus il a la réussite. Le contexte marseillais ne lui fait pas peur. Il aime la pression, le public. Ca le motive. L'arrivée de Gerets lui a fait du bien. Il a pu montrer ce qu'il savait faire.
Espérez-vous vous retrouver en équipe de France pour l'Euro 2008 ?
R.M. : On s'est retrouvé à Clairefontaine (pour le dernier rassemblement) et on a déjeuné ensemble. Pour lui, se retrouver là, c'était un rêve. Si on va à l'Euro tous les deux, ce serait bien. Pour moi, je ne crois pas à cette hypothèse. Lui a une carte à jouer. Il pourrait être le Ribéry de 2008. J'espère qu'il pourra y aller. Il fait une très belle saison même si malheureusement il s'est blessé pas forcément au meilleur moment.